Peut-on apprendre une langue étrangère à tout âge ?

Dans notre société, et plus spécifiquement dans le monde professionnel, maitriser une seconde langue n’est plus une option. Même si en France, le gouvernement semble avoir saisi les enjeux liés à l’acquisition d’une langue étrangère dès le plus jeune âge (premier apprentissage dès la classe de CP), il semblerait que les moyens ne soient pas à la hauteur des ambitions. Au passage du baccalauréat, très peu d’élèves ont une bonne maîtrise de la (ou les) langue(s) apprise(s) lors de leur scolarité. Alors peut-on apprendre une langue étrangère à tout âge ? La question mérite d’être posée !

Débuter dès le plus jeune âge : un sérieux atout

plaisirecole Il est reconnu par l’ensemble des neurolinguistes que, plus l’apprentissage débute tôt, plus la langue sera maîtrisée. Jusqu’à 5/7 ans l’enfant s’approprie une deuxième langue de façon intuitive, rien qu’en l’entendant. Passé cet âge, il est trop ancré dans sa langue maternelle, l’acquisition d’un nouveau langage passant alors par l’apprentissage. Comme le souligne Barbara Abdelilah-Bauer, diplômée en psychologie sociale : « il faut distinguer l’apprentissage d’une langue étrangère du vrai bilinguisme qui se pratique dans les couples mixtes, par exemple, où chaque parent parle sa langue maternelle avec l’enfant dès sa naissance ». Puis elle ajoute : « Pour être efficace, il faut une immersion dans cette langue au moins la moitié du temps. L’apprentissage doit passer par l’interaction avec des personnes dont c’est la langue maternelle ».

On le comprend aisément, pour que les enfants puissent parfaitement maitriser une langue étrangère, l’idéal serait donc une immersion totale ou partielle. Une scolarité (de la maternelle au bac), en deux langues pourrait être un véritable facteur de réussite, d’autant plus si l’enseignement est dispensé par des personnes natives du pays. La grande force de l’enfant est de pouvoir considérer cet apprentissage comme un jeu et non pas comme une tâche fastidieuse, à condition, bien sûr, qu’il lui soit présenté comme tel. Les dessins animés diffusés en anglais peuvent être de merveilleux supports !

 

Quand est-il à l’âge adulte ?

langues etrangères

Apprendre une langue étrangère à l’âge adulte est non seulement possible, mais aussi bénéfique pour la « santé » ! L’université de Lund en Suède, a mis en évidence dans l’une de ses études sur les apprenants adultes, qu’après trois mois de formation intensive en arabe ou en russe, certaines parties du cerveau des sujets se sont développées, et plus particulièrement l’hippocampe, une partie du cerveau impliquée dans l’acquisition de nouvelles connaissances et dans la consolidation de la mémoire. Aux États-Unis, Ellen Bialystok, chercheuse à l’université de New-York a observé que les patients bilingues atteints de la maladie d’Alzheimer était diagnostiqués quatre années plus tard que les monolingues. Grâce à l’imagerie médicale, elle a aussi constatée que la maladie, à états de dégradations cérébrales égales, impactait moins vite les capacités cognitives fonctionnelles des personnes bilingues.

On savait déjà que posséder une deuxième langue était une ouverture sur le monde, un atout supplémentaire pour la vie professionnelle, à cela s’ajoute maintenant des répercussions positives sur le cerveau.

 

Apprendre oui, mais comment ?

cours de langue

Si l’enfant a la capacité d’apprendre de manière intuitive, ce n’est plus le cas de l’adulte. L’apprentissage d’une nouvelle langue peut apparaitre comme particulièrement fastidieuse. L’enjeu est donc de définir la méthode qui correspondra le mieux à l’apprenant. Voici quelques conseils pour faire de l’acquisition d’une nouvelle langue, une partie de plaisir !

  • Solliciter un professeur natif : quelle que soit la formation en langue souhaitée, un professeur natif du pays vous transmettra bien plus qu’une bonne façon de parler, c’est toute une culture qui vous sera donnée à découvrir. Profitez, par exemple, de votre cours de russe, pour découvrir la meilleure façon de déguster vodka et caviar !
  • Pratiquer des cours en tête à tête : le one-to-one est idéal pour acquérir un vocabulaire particulier, répondant à des besoins spécifiques. (avec mise en situation et jeux de rôles)
  • Participer à des cours collectifs : les cours collectifs, – généralement en petits groupes de 4 à 6 personnes – ont pour objectif d’inciter l’apprenant à s’exprimer en public. Ils sont à alterner avec des séances individuelles pour un apprentissage optimal.
  • Diversifier l’apprentissage : lire un livre, regarder des films en VO, décrypter les textes de chansons, assister à des cocktails type Polyglot Club, etc., tous les moyens sont bons !

I Crédits photos : fotofolia.com – jeunes-diplomates.com – marichesse.com I

Un commentaire

  1. Je prépare un mémoire sur l’apprentissage des langues. J’ai pu constater les bénéfices de l’apprentissage sur les jeunes enfants de par mon séjour au pair: la petite fille de 4 ans que je gardais adorait que je lui apprenne des mots et des phrases en français. Actuellement, je suis une intervenante en anglais en école primaire, et la différence entre les CP et les CM2 est flagrante: les plus réceptifs sont les plus jeunes. Lors de mon séjour, j’ai pris un trimestre de cours et nous étions mélangés avec d’autres personnes « adultes ». Il y avait une dame de 40 ans qui devait se reconvertir professionnellement et d’après son expérience, elle a appris plus en 1 mois de cours intensifs que pendant toute sa scolarité. Partir reste, à mon avis le seul moyen de bien comprendre le fonctionnement d’une langue étrangère et de pouvoir l’assimiler, la parler et la comprendre. L’investissement en temps en vaut la peine, il faut juste avoir le courage de partir.